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« Le marché de l’immobilier de prestige redémarre rapidement au sein des grandes villes », Laurent Demeure, Coldwell Banker

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Alors que les marchés immobiliers neufs et anciens font face aux turbulences depuis plusieurs mois, le marché immobilier du luxe semble faire figure d’exception. Comment expliquer une telle résilience ? Le point avec Laurent Demeure, président et CEO de Coldwell Banker Europa Realty, l’un des leaders mondiaux de l’immobilier de prestige.

photo : laurent-demeure

Comment se porte aujourd’hui le marché de l’immobilier du luxe en France ?

Le marché s’est complexifié depuis 2 ans à l’instar des autres marchés. Même s’il est moins sensible et plus résilient que celui de l’immobilier traditionnel, force est de constater que l’immobilier de prestige a été évidemment impacté par la forte augmentation des taux d’intérêts, le retour de l’inflation et la situation géopolitique complexe et anxiogène. Il s’est donc ralenti, a connu une légère correction des prix à la baisse de 4 à 5 % ce qui est peu au vu de l’augmentation observée ces dix dernières années et il est en train de redémarrer assez rapidement depuis le mois de février au sein des grandes villes, telles que Paris, Bordeaux, Nantes ou encore Lyon.

Comment expliquez-vous cette résilience ?

Les acquéreurs estiment aujourd’hui que c’est le bon moment d’acheter. Ils anticipent une nouvelle baisse des taux et constatent que la hausse des prix est en pause et qu’ils sont plus ou moins ajustés au marché. Comme les stocks de biens à vendre sont peu denses et que les vendeurs tentent de résister à la correction du marché, il n’y a pas d’effondrement.

Tous les segments de ce marché sont-ils épargnés par la crise où certains s’en sortent-ils mieux que d’autres ?

Le marché de la résidence secondaire peine encore à redémarrer et reste un peu plus poussif depuis le début de l’année. Il faudra désormais attendre que l’ensemble des grandes villes affiche une relance de leur marché immobilier pour que celui de la résidence secondaire suive la même tendance. Ce dernier devrait enregistrer une nouvelle dynamique dès le mois de septembre prochain.

Constate-ton aujourd’hui un retour de la clientèle internationale ?

Grâce à l’effet de la série « Emily In Paris », les Américains ont un regain d’intérêt pour la capitale. Les clients issus de l’Europe du Nord, de la Belgique de la Suisse, du Luxembourg ou encore des Pays-Bas recommencent à acheter dans le Sud de la France, tel que dans le Golf de Saint Tropez ou à Cannes. La clientèle issue du Moyen Orient est, quant elle, désormais moins présente en France. Globalement, nous assistons à une démondialisation de l’immobilier du luxe. D’après nos statistiques, ce sont plutôt les Français, les expatriés français et les Européens qui prennent majoritairement possession de ce marché.

La politique du logement du Gouvernement impacte-t-elle l’immobilier du luxe ?

Pas vraiment jusqu’à présent, mais la nouvelle proposition de loi du député Damien Adam portant sur la portabilité du prêt immobilier pourrait, quant à elle, avoir un effet bénéfique si celle-ci venait être adoptée. Et pour cause,  elle offrirait la possibilité à un emprunteur de transférer un crédit existant d’un bien immobilier à un autre, sans avoir à contracter un nouveau prêt aux conditions actuelles du marché. Une telle loi permettrait ainsi de fluidifier aussi bien le marché de l’immobilier classique que celui du luxe. Elle est par ailleurs d’ores et déjà appliquée dans de nombreux pays. L’autre mesure qui pourrait redynamiser le marché de l’immobilier de prestige serait de faciliter la construction de tour de 25 à 30 étages qui proposent des prestations et des services de luxe, à l’instar de ce qui se fait aux Etats-Unis. Nous avons aujourd’hui en France une demande internationale pour ces types de biens, mais l’offre n’est pas aux rendez-vous faute d’accord des communes pour de telles constructions.

Dans ce contexte, où en est le développement du réseau Coldwell Banker ?

En 10 ans, nous avons d’ores et déjà ouvert une cinquantaine d’agences en France. Depuis le début de l’année, nous avons renforcé notre présence parisienne avec l’ouverture de deux nouvelles agences situées rive gauche, rue du Bac et rue Saint Dominique. Ces ouvertures participent d’une nouvelle stratégie de déploiement pour les deux années à venir. Nous allons bien entendu conserver notre bureau historique proche des Champs Elysées, mais nous allons désormais ajouter des ”corner shops“ au sein d’emplacements ultra commerçants et très haut de gamme afin de créer un lien de proximité pour continuer à développer la clientèle haut de gamme française et européenne. Outre ce déploiement dans la capitale, nous allons ouvrir de nouveaux points de vente dans le Sud de la France, mais également en Belgique qui constitue désormais notre nouvel axe de développement.

Source: L’agence

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